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La Caserne Abbatucci

Historique de l’occupation de l’ancienne caserne de Volgelsheim

 

Pour retracer l'histoire de la caserne de Volgelsheim, qui s'inscrit à présent dans un contexte de paix, les renseignements furent essentiellement tirés du livre "La dernière garnison" de M. Guy LEFEBVRE.

Cette histoire commença le 11 Novembre 1870, par la capitulation de Neuf-Brisach après une défense héroïque de plus d'un mois. Cette ville de garnison, voisine de Volgelsheim, détruite aux trois quarts, devint allemande et le resta jusqu'en 1918.

De 1887 à 1905, les allemands construisirent dans toute la région de nombreux ouvrages de fortifications (Biesheim, Algolsheim, Rothgern, l'écluse 59, Heiteren, Geiswasser  …).

Les casernes à l'intérieur de Neuf-Brisach étaient tellement vétustes au bout de deux siècles d'utilisation, qu'il était devenu impensable de les moderniser. Les allemands décidèrent donc de faire une dernière réalisation de taille: construire hors les murs de Neuf-Brisach, à Volgelsheim, une nouvelle caserne mais également, dans sa partie Nord, de nombreuses maisons destinées à loger les officiers et leurs familles.

 La construction débuta en 1907, les premiers bâtiments furent inaugurés le 1er octobre 1909 et la totalité de la caserne fut achevée en 1912, démontrant ainsi l'efficacité et la performance des bâtisseurs allemands qui ne mirent que 5 années pour construire un tel ensemble.

En 1913 fut inauguré et mis en service le plus beau des bâtiments, le mess des officiers.

Le premier occupant de la caserne fut le 172e régiment d'infanterie allemand, de 1912 à 1918.

 A l'issue de la guerre 14-18, le 22 novembre 1918, les troupes françaises rentrèrent triomphalement à cheval dans Neuf-Brisach. Les armoiries de la ville furent parées de l'inscription "Ici commence le pays de la liberté" !

L'armée française prit alors possession de la caserne. La compagnie d'équipage des ponts 6/17 de l'ancien 9e RG de Metz s'y installa pendant 4 mois, du 24 décembre 1918 au 27 avril 1919.

 C'est à ce moment-là que la caserne prit le nom de caserne Abbatucci.

Jean-Charles Abbatucci, né en 1770, est originaire de Corse. Issu d'une famille de militaires, à 18 ans, il entre à l'école militaire. A 21 ans, il est lieutenant puis il passe capitaine 10 mois plus tard, âgé seulement de 22 ans. Pour ses faits d'armes exceptionnels, il est nommé Général de Brigade en juillet 1796 à l'âge de 25 ans !

Fin novembre de la même année, alors qu'il affronte le prince de Wurtemberg près de HUNINGUE et qu'il refuse toute proposition de capitulation, il est grièvement blessé en repoussant les attaques ennemies lors d'une sortie de nuit. Il meurt deux jours plus tard, le 2 décembre 1796 des suites de sa blessure.

Ce nom glorieux, qui est inscrit sur la caserne, est aussi gravé sur la façade Est de l'arc de triomphe !

 

De 1919 à 1940, se succédèrent divers régiments dans la caserne. Ils sont inscrits sur la plaque commémorative, posée le 15 septembre 2012 à l’entrée de l’ancienne caserne (à l’angle de la rue du poilu et de la rue des appelés) :

 

  • de 1919 à 1928: le 2e bataillon des chasseurs à pieds.
  • de 1919 à 1934: le 4e bataillon des chasseurs à pieds.
  • de 1934 à 1936: le 152e régiment d'infanterie.
  • de 1936 à 1940: le 42 régiment de Neuf-Brisach.
  • de 1938 à 1940: le 28e régiment d'infanterie des forteresses est formé. Le 42e   et le 28e régiment cohabitèrent dans la caserne jusqu'en 1940, l'année où les troupes allemandes reprirent possession des lieux, suite à leur avancée lors de la 2nde guerre mondiale.

 En 1940 la caserne, transformée par les allemands en camp de prisonniers arrivant par milliers d’Alsace et des Vosges, fut appelée « Camp de misère ».

En effet, le 24 juin 1940, suite à un terrible orage, l’herbe disparut et fut remplacée par de la boue de plus de 15 cm d'épaisseur entrainant deux conséquences néfastes: premièrement, de nombreux prisonniers ne purent trouver de branchages pour s'isoler du sol et furent réduits à rester debout, à battre la semelle toute la nuit.

Deuxièmement, les fosses ou latrines creusées partout sur le terrain menacèrent de créer les pires épidémies. La garnison allemande relativement réduite n'ayant pas les moyens de faire désinfecter correctement le camp, décida de quitter ce "camp de la misère" et de transférer les prisonniers tout d’abord à Neuf-Brisach, abandonnée par la population civile puis, le 9 août 1940, en Allemagne où les nouveaux camps, préparés par les allemands, n'avaient plus rien de l'aimable décor de Neuf-Brisach !

entrée principale

 

A partir de novembre 1944, les bâtiments principaux servirent d' hôpital de campagne pour l'armée allemande.

En août 1944, le bâtiment de logement de troupe N° 19 fut détruit accidentellement. Des élèves sous-officiers roumains, sous uniforme allemand, auraient déposé des munitions dans l'immeuble au lieu de les remettre au dépôt. Une mauvaise manipulation fit ensuite exploser toute la partie centrale du bâtiment.

 En 1945, à la fin de la guerre, la caserne changea à nouveau de main et, dès 1946, fut gérée par les services de santé français.

En 1948, l'association des "amis du foyer des détenus" put acquérir quelques bâtiments destinés à l'accueil et à la réinsertion des prisonniers revenant de leur détention en Allemagne.

En 1953, le foyer Clair Horizon ouvrit ses services au sein de quelques bâtiments de la caserne.

Jusqu'en 1958, le reste de la caserne fut abandonné et se dégrada (barbelés aux ouvertures, plus de fenêtres, des façades ornées de peinture de camouflage noire datant encore des allemands et donnant l'impression de bâtiments incendiés,…).

 Enfin, le 16 mars 1962, le 9e régiment du génie fut créé à Neuf-Brisach. L'ancien 9e régiment du Génie avait été créé à Verdun le 14 juillet 1914. Il était stationné à Metz de 1919 à 1929, date où il fut dissous. De 1966 à 1968, le bâtiment 19 détruit accidentellement en 1944 fut reconstruit.

Le 30 juillet 1992, l'annonce de la dissolution du 9ème RG, après seulement 30 ans d'existence fit l'effet d'un coup de massue. Le 9e RG a largement participé à la vie, non seulement de Volgelsheim mais aussi de tout le canton. Son budget annuel hors solde était de 8 millions de Francs ! Au delà de l'activité qu'il a générée, l'impact économique et structurel était loin d'être négligeable.

Sur la plaque commémorative de l’occupation militaire de l’ancienne caserne, citée ci-dessus, sont gravées dans la pierre, les couleurs Rouge, Noir et Or de l'emblème du 9ère RG. Elles flotteront donc longtemps encore, montrant à tous que les derniers occupants de cette caserne étaient les dignes héritiers d'une longue lignée.

 Depuis 1907 et tout au long de la présence des militaires, la caserne a toujours été appelée caserne de Neuf-Brisach. Dès lors que le 9e régiment fut dissous, elle prit curieusement le nom de « caserne de Volgelsheim » comme si, brusquement, elle ne présentait plus aucun intérêt.

A titre de compensation, la commune de Volgelsheim a demandé que la caserne lui soit remise pour le Franc symbolique. Après 12 ans de négociations âpres avec l’armée, c'est au prix d’ 1 million d'Euros qu’elle  "a accepté" de vendre la caserne à la commune et au SIVOM Hardt-Nord, alors que sa reconversion était déjà estimée à 5,5 millions d' € ! la caserne a été rendue à la vie civile en août 2003 après des travaux de dépollution notamment pyrotechniques. Une Zone d’Aménagement Concertée dénommée « Square des bords du Rhin »  a été créée sur le site de 15.40 ha de l’ancienne caserne pour le réaménager en logements, zone artisanale et industrielle.

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